dimanche 15 avril 2012

Miettes

Tu m'aimerais toujours, dis? Tu m'aimerais pour vrai?

Le temps s'est arrêté et je ne peux plus respirer
Depuis ce moment, ton moment ou tu m'as tuée
Émaciée, je suis déchiquetée par en-dedans, dépréciée
Tu as commis l'irréparable, tu n'avait pas le droit de me jeter

De moi il ne reste plus que des miettes éparses
Et je sais pertinement la violence que j'ai eue
N'est pas pertinente, légale, et j'en passe
Mais je suis touchée au coeur, vaincue

Je vois les gens parler, je pense à agir
Mais les pleurs ne tardent pas à me démolir
Me laissant fondre comme la neige au soleil
Je rêve d'un doux et bon sommeil

Je suis vivante, mais tu as décapité mon âme
Et je suis depuis, en filigrane
Je ne suis plus moi, j'existe, c'est tout
Je respire, et tente de rester immobile, c'est fou

J'aimerais crier ma douleur pour qu'elle passe
Mais devant trop d'horreur, je me lasse
Et je me vois compter les heures avant l'aurore
Je pense à ne pas penser, trop dur, encore

Laisse mes miettes en paix, je t'en prie
Laisse-moi faire, je t'en supplie
J'ai trop saigné, ne me parle plus
J'ai eu trop mal, je n'en peux plus

Devant l'espoir d'une nouvelle vie
Je suis dans le néant, je survis
Mais je ne fais seulement pour ne pas blesser
Tous ces gens qui m'aiment, ce serait insensé

Alors d'ici à ce que je respire pour de vrai
Je me terre cherchant la paix
Tentant d'assoupir mon âme
Cherchant à tout prix un peu de douceur dans mes larmes

Tu m'as arrachée une partie de moi
Tu n'avais pas le droit
Le jour ou tu le réaliseras
Je serai partie ailleurs, tu ne m'auras plus, crois-moi...